A 75 ans, Françoise souffle, enfin. En septembre dernier, la Poitevine est sortie d’un long tunnel de huit ans, pendant le quel elle a remboursé 330€ par mois. Quatre-vingt-seize mois, une très longue parenthèse pour cette femme acculée par les dettes. « J’étais divorcée et je n’avais pas les moyens de vivre. J’ai contracté un premier crédit, puis un deuxième pour acheter des biens… » Avec quinze crédits sur le dos à des taux d’usure et… 70 000€ de dettes, Françoise n’a eu d’autre choix que de tirer la sonnette d’alarme. « J’ai cherché de l’aide et j’ai trouvé l’association Cresus. Personne n’était au courant de ma situation. Une fois que le dossier de surendettement a été mis en place à la Banque de France, j’en ai parlé à mes enfants. » 

Entre culpabilité et sentiment de honte, il n’est pas toujours simple de parler de ses déboires financiers. « Notre rôle, c’est justement de rassurer les gens et de les persuader de déposer un dossier à la Banque de France pour qu’ils se sortent de cette spirale, admet Jean-Pierre Etoubleau, responsable départemental de Cresus, onze ans de présence dans la Vienne et les Deux-Sèvres. Quand vous ouvrez le journal ou que vous allumez la télé, c’est horrible le nombre de pubs pour les voitures en location avec option d’achat. Nous gérons beaucoup de situations de ce type. » Fort heureusement, les établissements bancaires « font des efforts ». « Et la prévention mise en place à la suite de la loi Lagarde commence à payer », reconnaissent Patrick Saulner, directeur de la succursale de la Banque de France dans la Vienne, et Jocelyn Snoeck, sous-préfet de Châtellerault, deux des acteurs de la Com-mission de surendettement départementale. 

Extrait de « 7 à Poitiers » du 25 février 2020
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